Badigeons in-situ

Comme de nombreuses techniques « anciennes » issues d’un matériau de base, les badigeons ont 2 facettes.
 
Au premier abord un badigeon c’est simple. Avec une chaux aérienne de l’eau et une brosse vous pouvez déjà chauler un mur.
 
Si le support est poreux, l’eau bien dosée et le support humidifié vous aurez déjà une peinture pas chère, durable et facile à entretenir.
 
Mais les badigeons peuvent apporter beaucoup plus qu’un « coup de blanc ». On peut les adjuvanter pour sécuriser leur accroche sur les supports moins poreux, les teinter, les diluer plus ou moins et leur appliquer une patine parfois.
 
A force d’avoir le nez dans la technique on oublie parfois que ce qui compte c’est l’effet d’ensemble que des badigeons peuvent apporter à un centre historique.

Nous trouvons cet effet d’ensemble à Zuoz, village Suisse proche de l’Italie.

La place principale aligne des façades toutes badigeonnées.

L’effet d’ensemble repose sur l’association d’enduits texturés, fouettés ou jetés truelle, adoucis par l’aspect mat des badigeons.

Les couleurs restent dans une palette qui va du beige, grège, jaune pâle à jaune plus chaud jusqu’au brun orangé.

On retrouve sur cette façade les trois techniques qui, associées, donnent au centre historique son unité : Des enduits texturés « qui bougent » / Des badigeons colorés qui apportent le velouté / des décors peints au lait de chaux blanc sur des zones lissées et des dessins gravés qui dégagent, sous le badigeon, le gris de l’enduit.

Les décors lissés et badigeonnés en blanc avant d’être engravés dans l’enduit frais dessinent des motifs décoratifs géométriques. Les dessins se font par grattage du badigeon blanc, à fresco, pour faire apparaître le gris de l’enduit.

Toujours la même recette. Un enduit perspirant plus ou moins texturé / Un badigeon coloré sans excès / et des décors dessinés en blanc sur des zones préalablement lissées.

Les soubassements de ce village sont souvent en pierres. Si ces pierres font l’épaisseur du mur elles empêchent les remontées capillaires qui pourraient altérer l’enduit.

A gauche la technique utilisée majoritairement, simple contraste des engravures grises réalisées « à fresco » sur les zones lissées et badigeonnées en blanc. A droite une interprétation plus libre sur une petite maison proche du centre historique.

Des dessins conservés dans une « fenêtre » de l’enduit, témoignent de décors plus anciens et plus artistiques à l’origine. De nos jours les dessins se limitent à des figures géométriques. Le savoir-faire actuel est moindre mais les techniques de base se sont maintenues. C’est déjà ça !

Et n’oublions pas l’effet d’ensemble que les badigeons peuvent apporter à nos centres historiques. Aucune peinture organique n’apporte cet aspect velouté, cette durabilité et cette facilité d’entretien.

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1 réflexion sur “Badigeons in-situ”

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