Le diagnostic des façades

Diagnostiquer une façade c’est passer de l’état actuel concret, à l’état futur, virtuel. Le chemin pour passer d’une rive à l’autre peut-être simple ou tortueux, évident ou semé d’embuches.

Le chemin se fera évidemment en trois étapes mais pas dans l’ordre attendu. On devra …

  • Lire l’état actuel (qui consiste souvent en un diagnostic des pathologies)
  • Choisir un état final parmi de nombreux possibles.
  • Lister les étapes du travail qui relient les deux rives, comme un passage à gué.
FCD type400
Tous ces éléments doivent être décrits dans leur état actuel avant de noter les travaux à réaliser et l’état final recherché. Selon votre région, d’autres éléments devront être ajoutés pour bien décrire les façades de vos centres anciens.

Il arrive que l’on ne trouve pas le passage. L’écart entre les rives est trop grand, le mal plus profond qu’il n’y parait à première vue. On devra changer de bût, rapprocher la rive ou mobiliser plus de moyens pour la rejoindre.

Je vous propose dans cet article une méthode pour ne rien oublier et pour noter au mieux l’état actuel concret. Dans un autre article je donnerai des exemples de parcours possibles entre un état de départ et un état final accessible.

VUE D’ENSEMBLE DE LA MÉTHODE

préco type

Un relevé clair permet de retracer le parcours, de l’état actuel à l’état final recherché.

A gauche le diagnostic / A droite les travaux envisagés

A gauche la partie “Diagnostic / Etat actuel” regroupe 5 informations par support :

  • Le nom du support concerné (dans l’exemple ci-dessus  “Parement”)
  • Son matériau ou sa technique (Pierre de taille)
  • Sa situation dans la façade (sauf si c’est évident)
  • Son état de surface (A nu, peint …)
  • Son état actuel (Stable mais …)

A droite la partie “Prescriptions” décompose les travaux envisagés en 3 étapes :

  • Travaux préparatoires (ce sont les travaux nécessaires pour passer de l’état actuel à un état qui pourra recevoir la technique souhaitée)
  • Technique retenue (c’est la description de cette technique)
  • Aspects et teintes (on précise ici les aspects esthétiques, aspects de finition à rechercher et teintes)

Cette approche permet d’éviter 3 problèmes fréquents sur les devis.

Sur un devis deux informations manquent souvent ou sont difficiles à trouver :

  • Quelle partie de la façade est concernée par le travail décrit.
  • Quel est l’état actuel (pour savoir de quoi l’on part)
  • Il s’y rajoute un défaut fréquent : Le descriptif type qui a été copié / collé, et qui est plus ou  moins adapté à votre situation.

PREMIÈRE ÉTAPE – L’ÉTAT ACTUEL

Pourquoi relever l’état actuel de chaque élément de façade ? Pour partir du bon pied. Nommer chaque élément c’est lui accorder l’attention nécessaire à un bon diagnostic.

Ca suppose …

  • De donner LE NOM de l’élément : Parement, (on se reportera si besoin au dictionnaire de l’architecture)
  • De préciser LA TECHNIQUE ET LES MATÉRIAUX (enduit ciment tyrolien, enduit chaux taloché …)
  • De relever l’ÉTAT DE LA SURFACE (à nu, peint, badigeonné …) puisque cet état va impliquer par exemple de décaper s’il est peint.
  • De noter L’ÉTAT de la matière (enduit friable ou stable, pierre polluée mais résistante …)

DEUXIÈME ETAPE – LES TRAVAUX ENVISAGÉS

Cette partie permet de décrire comment l’on va passer de l’état actuel à l’état final recherché.

  • LES TRAVAUX PRÉPARATOIRES décrivent le travail qui va permettre de préparer l’application de la technique retenue. (par exemple on pique l’enduit pour remettre le mur à nu avant de le réenduire ou de le rejointer)
  • LA TECHNIQUE RETENUE est décrite avec la précision nécessaire pour ne pas laisser de doutes sur la prestation.
  • LES ASPECTS DE FINITION ET LES TEINTES sont décrits en dernier.

 

NE RIEN OUBLIER

Le croquis illustré résume l’essentiel des postes à relever.

Les éléments de maçonnerie : Le Mur, le parement. Les couronnements (débords de toiture quand ils sont maçonnés ou en pierre), le soubassement, le seuil, les appuis, les encadrements des baies, les balcons en pierre de taille.

Les modénatures : Ce sont tous les éléments en relief par rapport au nu du parement. De la façade la plus simple, sans modénature, à la façade la plus chargée, ils apparaissent presque toujours dans le même ordre : Encadrements en surépaisseur / Bandeaux d’étage ou bandeaux d’appui / Balcons / Corniche / Pilastres.

Les menuiseries et ferronneries : Les fenêtres et portes-fenêtres, les portes et portails, les lambrequins (caches stores), les contrevents (exposés au vent) et les volets (occultation située derrière la fenêtre, à l’intérieur). Les gardes corps des balcons, les barres d’appui, les barreaudages de défense en rez de chaussée. On peut y ajouter les oriels (bow windows) et les balcons à structure en fer.

La zinguerie : En zinc, en cuivre ou en plomb, elle comprend les couvertines, les bavettes, les chèneaux encaissés, les gouttières pendantes, les descentes et les dauphins en fonte en pied de chute.

Les Décors : Bandeaux dessinés verticaux et sous toiture, fausses chaînes harpées avec effet d’ombre et de lumière, filets, frises peintes ou au pochoir, sgraffito, zones lissées et badigeonnées.

A vous de jouer.

Vous avez les éléments et la méthode, appliquez la

et dites moi quelles infos vous souhaiteriez en complément.

 

 

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5 réflexions sur “Le diagnostic des façades”

  1. Bonjour, Merci pour ces ressources mises à disposition. Je veux nettoyer une façade faite de briques et pierres taillées. Les pierres sont calcaires et très friables. Certaines d’entre elles sont très sales et le brossage ne vient pas à bout de la pellicule noire. Quelle méthode utiliser ? Que pensez vous de l’aérogommage ? Merci

    1. Le gommage est un bon principe à condition que l’ouvrier (si possible un tailleur de pierre) regarde sans cesse et s’adapte (recule) quand la pierre est trop tendre. Parfois il faut savoir s’arrêter, garder des traces et les effacer avec une lasure silicate pour la pierre de taille (je connais seulement les lasures minérales de la marque Keim)

    2. Le gommage est un bonne technique si l’ouvrier sait reculer la lance quand la pierre est trop tendre. Parfois on doit accepter de laisser des traces et on les gomme ensuite avec une lasure silicate pour la pierre de taille, de type Keim (je n’en connais pas d’autres)

  2. Bonjour,
    Tout d’abord, un grand merci pour ce blog si complet. Ma question se porte sur les façades intérieures et non extérieures, je crains donc un peu d’être hors propos, n’hésitez pas à me le dire si c’est le cas.

    Suite à des travaux de rénovation dans la cage d’escalier de mon immeuble, je m’interroge sur la toxicité d’une sous-couche de peinture qui a été appliquée et sur des solutions plus saines qui auraient pu être choisies.
    Le produit, utilisé en intérieur, est du Maxi Impress de Sticb, une sous-couche qui permettrait à la future couche de peinture de bien adhérer. Il a une odeur insoutenable, et provoque immédiatement toux et mal de crâne. Le peintre m’assure qu’il n’y a pas d’autre solution car le mur tantôt en pierre, tantôt en brique ou en plâtre, est en mauvais état et que, sans cette sous-couche, la peinture ne tiendrait pas.
    Cependant il y a fort à parier que le Maxi Impress risque d’empêcher les murs (plutôt humides) de respirer. Connaissez-vous ce produit ? (je peux vous envoyer la fiche produit)

    Je me demande si à la place de tout ça on aurait pu simplement choisir de la chaux. Y a -t- il des contre-indications à utiliser la chaux en intérieur à la place des ces peintures, comme on semble me l’affirmer ?

    Je ne peux rien contre ce qui se décide dans mes escaliers, mais vos réponses seraient précieuses pour mes choix professionnels futurs,
    En vous remerciant,
    A. Macaire

    1. Bonjour
      Je ne connais pas ce produit mais la fiche de sécurité montre que c’est un produit dangereux. Le problème c’est que les artisans et fournisseurs qui connaissent les résines dérivées du pétrole ne connaissent rien d’autre.
      Il y a des solutions écologiques (avez vous un magasin d’éco-construction prés de chez vous ?).
      La chaux assainit et s’utilise à l’intérieur couramment sans problème, à condition de trouver un artisan formé et intéressé.
      Il y a aussi les produits silicates (cherchez “silicates Keim”) ils ont aussi des sous couches NON toxiques pour fixer les fonds (ce sont les seules peintures autorisées dans les crèches en Allemagne).
      Demandez quelle est la perméance à la vapeur de ce produit. Il bloque probablement le mur ce qui implique le mur à refaire dans X années.

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